Goa, Inde
Heure locale : vers 12.30am Temp.ext. : 39C° humidité : 54%
latitude : 15° 5'8.75"N longitude : 73°54'56.96"E
Son : Fire and Water, 24-7 Spyz
Bon, en fait, ce n'est pas son vrai nom mais impossible de me rappeler de l'appellation d'origine. Je sais juste que c'est au Nord de Palolem, peut-être une heure de scooter à fond, en longeant
d'abord la côte, ensuite, on traverse quelques petits villages poussiéreux, un lagon protégé où des pêcheurs réparent leurs filets, ensuite on monte en zig zag à travers des champs de figuiers
(je dis ça à cause de l'odeur puissane mais je n'ai pas vu de figuiers ni de champs à rpoprement parler mais je vous assure que ça sent le figolu sur plusieurs kilométres!), et on arrive à un
haut plateau complètement aride (à ce moment là de l'année mais vu les étendus et leur configuration, je peux dire sans hésiter que dés que la mousson commence, on a là une belle brochette de
rizières), on continue sur la route défoncée (pas la peine de mettre de casque, de toute façon, avec les remous, même attaché, il ne tiendrait pas sur votre tête..et de toute façon aussi, vous ne
mettez pas de casque à Goa...à priori) et à un moment après un panneau et une petite bâtisse moisie qui est un arrêt de bus, vous tournez à gauche, retraversez deux très petits villages et encore
des rizières asséchées et là, au détour d'un autre virage, surprise, immense ligne droite à travers le plateau ocre rouge, la mer au loin et en contrebas et le soleil perchée dans le ciel bleu et
whaou,
pas besoin d'aller jusqu'au Fort, le spectacle est déjà suffisant.
Bon finalement, je vais quand même jusqu'au Fort parce que j'aime bien aller jusqu'au bout d'une route. Je gare mon scooter à un endroit qui devrait rester à l'ombre pour les deux prochaines
heures (oui ici, vous ne calculez pas combien de temps vous allez rester pour savoir quoi payer au parcmètre mais pour savoir de combien le soleil va se déplacer et être sûr que votre selle de
scooter ou moto reste à l'ombre et ne soit pas à 100° quand vous reviendrez de votre petite visite, personnellement, je déteste m'asseoir sur une selle brulante, c'est un peu comme d'aller aux
toilettes pour un gros besoin juste après quelqu'un qui vient de..oui, bon heu bref, vous avez compris...). Donc, j'y suis, à l'entrée du Fort, un haut mur, un pont levis, une immense porte,
classique sauf que je m'attendais à un guichet pour faire payer l'entrée, le parking et le droit de prendre des photos avec une boutique souvenir et tout le tintouin mais là, il n'y a rien, juste
le pont levis, l'immense porte et le soleil qui tape vraiment super fort et la dernière gorgée de flotte brulante que je ne sens même pas passer dans ma gorge. Okay, j'y vais, je passe l'immense
porte et surprise, derrière il y a...il y a..il n'y a rien ! Enfin si, il y a des arbres, un terrain, des singes et encore des arbres. Même après une centaine de mètres en direction de l'aplomb
de la falaise sur la mer, toujours pareil et je me rends compte que le Fort est en fait un mur d'enceinte et qu'il ne reste rien d'autre, même pas le guichet pour payer son entrée..
.(c'est pas plus mal pour le guichet d'ailleurs, il aurait pas cadré avec le reste).
Je re-avance d'une centaine de métres multiplié par trois ou quatre et j'arrive enin aux fameux applomb sur la mer. Il faut savoir qu'à ce moment là, je n'ai bu qu'une gorgée d'eau depuis mon
départ de Palolem (oui je suis parti avec une bouteille presque vide...le bêta),que le soleil est à la verticale, que des vapeurs de chaleur remontent du sol, que même les singes ne s'aventurent
pas en dehors des zones d'ombres, que ma peau est en train de rôtir (ça sent le cochon pourtant normalement quand je transpire, ça sent le sucre..) et que mes fringues sont archi trempés de sueur
et que je me demande bien à ce moment là ce qu'il peut me rester comme eau à laisser s'échapper de mon corps. D'ailleurs, j'ai aussi un peu les jambes qui commencent à trembloter et les gestes
pas super sûr, je suis un peu énervé même, je suis déshydraté, quoi...Mais j'aperçois un peu plus loin sur ma gauche une sorte de ruine (enfin un truc à voir dans ce Fort), je m'en approche, il y
a une étrange petite construction, une sorte de cube rectangulaire (bin oui ça existe, la base est cubique et la hauteur fait deux fois la base soit deux cubes superposés qui nous donne un
rectangle) autour duquel s'enroule (en carré) un escalier aux marches ridiculeusement petites. Je grimpe sur le haut du promontoire, un peu au dessus des arbres les plus bas et suffisamment haut
pour voir qu'en contrebas, un peu plus loin, il y a un chemin qui se dirige vers ce que je ne voyais pas avant, un bout de falaise qui s'avance vers la mer, une sorte de presqu'île rocailleuse
recouverte de palmiers. J'adore. Je fonce sur le chemin poussiéreux et glissant et rocailleux en maudissant mes tongs et en me disant qu'on devrait toujours avoir sur soi une paire de
Caterpillar, au cas où...
Quelques dizaines de minutes plus tard, je suis sur le bout de la presqu'ile et domine la mer, mes vêtements sont encore un peu plus trempés, je suis un peu plus tremblant, j'ai encore un peu
plus chaud, je commence à avoir une faim de meute de loup et je pourrais bouffer deux antilopes. Crues les antilopes. Mais j'oublie vite ça (en réalité, je n'y ai pas pensé sur le moment, c'était
juste pour égayer ma narration) et je regarde dans tout les sens autour de moi, la mer qui scintille à une centaine de mètres sous moi, la falaise, les palmiers dorés par la lumière, le vent du
large, chaud et salin, qui m'enrobe en entier, les agréables sensations de vertige en me penchant au dessus du vide, l'envie d'être là avec ma copine et qu'elle voit ça aussi de ses propres
yeux...Quand a vous, vous saurez retrouvez le chemin avec ma description au début de l'article ou pas ?
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