Mardi 30 juin 2009
 

Patnem, Goa, Inde
Heure locale : vers 2.17pm Temp.ext. : 35C° humidité : 45%
latitude : 14°59'52.12"N longitude : 74° 1'58.02"E

Son : Main title Theme, Unkle

 

Il y a une petite période pendant mon séjour à Palolem où j'avais pris l'habitude de me rendre à chaque fin d'après midi sur la plage de Patnem, juste à côté de Palolem, une autre plage quasiment déserte, quelques Indiens, quelques Caucasiens et des espaces vides sur le plage suffisamment grands pour y laisser reposer plusieurs bateaux de pêches. Cette plage à été mon petit bonheur jusqu'à mon départ de Goa. EN y allant en fin de journée, après les chaleurs de l'après midi, je me retrouvais dans une ambiance vraiment très proche de celle du mois de septembre au Cap Ferret, France. Je n'y allais pas par nostalgie ou mal du pays mais bien parce que cette ambiance, cette lumière est vraiment jouissive à bien des points de vues. Mais Patnem à aussi beaucoup de différence avec ce coin de France dont je parlais(et heureusement d'ailleurs, je voyage quand même pour voir autre chose), et cela va au delà des palmiers et des femmes qui se baignent en sari colorés. L'eau y est parfois plus chaude que l'air et des odeurs de cuisines épicée viennent jusqu'à la grève pour vous faire sentir que vous êtes réellement ailleurs. Rajouter à cela, les sons de musique ambient indienne (nappe électro et cithare) qui proviennent des rares bars qui bordent la plage et je crois que tout y est. Fin de journée donc, je viens sur cette plage de Patnem pour assister au coucher du soleil et au lever de lune depuis l'eau, tout en me délectant des vagues qui m'offrent des sessions de bodysurf vraiment apaisantes. Je crois qu'il n'y a jamais eu, à mon sens, plus bénéfique pour le bien être que de jouer avec les éléments. Le bodysurf en fait partie, c'est tout bête, tout le monde le fait mais suivre une vague, glisser dans son creux et se diriger dans son mouvement uniquement avec son corps procure vraiment une sensation particulière. Non seulement j'oublie mais en plus je rêve, je me construits. Le bodysurf a un côté poétique revigorant, c'est le corps et la vague, rien d'autre. Jouer avec l'élément. Et quand en plus d'un côté le soleil se couche et de l'autre la lune apparaît, il y a vraiment de quoi se sentir chanceux, bénit. Et c'est aussi après ce genre de moment que je n'arrive pas à comprendre le sens des religions, la remise de soi à un Dieu ou des Dieux établis dans une doctrine, une façon de vivre et de se comporter, c'est dans ces moments là que je me sens profondément athée bien que croyant en une chose, que la nature est cette entité supérieure devant laquelle on devrait tous s'incliner et non un Jésus, un Mahomet, un Yahvé ou un Shiva et un Buddha (mais si certains ont besoin de ces Dieux fictifs, grand bien leur en fasse s'ils ne viennent pas tenter de convertir les athées...)...Non, pour moi, le Grand Œuvre est la nature, une vague, un sunset, l'odeur du sable qui ressemble à celle de la farine de pain, la lune qui lorsqu'elle est pleine éclaire la nuit d'une aura bleutée et envoûtante...il n'y a pas de dieux...il y a la nature, des éléments, des animaux ; moi, rien que cela, ça m'inspire le respect et ça me suffit...le reste dépend de la volonté de chacun à se trouver là où il peut se projeter pour vivre ses rêves. La volonté de chacun pour vivre ce qu'il a envie de vivre. Même (et de toute façon, il n'y a pas le choix) s'il faut vivre ce que l'on ne veut pas vivre pour pouvoir y arriver, comme bosser dans un bureau, bosser pour les autres, régler un réveil pour le lendemain matin trop souvent dans l'année, en arriver à se détester de ne pas se trouver sur la bonne voie et finalement (parce qu'il n'y a pas le choix) envoyer tout balancer pour partir là où on veut aller, faire ce que l'on veut faire, ne pas se soumettre à une doctrine (parce qu'il n'y a qu'une vie) ou alors inventer la sienne (parce que vous êtes maitres de votre univers) et ne pas hésiter à la remettre en question aussi souvent qu'il le faudra...en allant là où on peut perdre ses repères, soi-même, pourvu qu'il y ait une vague où glisser, un sunset à admirer et une fois la nuit venue, une bière fraiche à déguster, de la bonne musique et des sourires....et ne pas prendre au sérieux les élucubrations d'un type qui fait le tour du monde, juste se demander de quoi on a besoin, vraiment...


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